copie de "Mother and child" de Frederick Leighton
Voici tout d'abord la photo de ma première copie du meme artiste.
En consultant l’album photos ci-contre, vous allez suivre les différentes étapes de la copie de ce tableau de Frederick Leighton (1830-1896), peintre et sculpteur anglais de l’époque victorienne.
La première étape est celle du report, très léger au crayon, du dessin sur la toile.
Puis nous passons à l’ébauche, qui se fait en jus, avec un diluant spécial ébauche, à base de siccatif flamand très dilué à l’essence de térébenthine rectifiée. C’est une ébauche à la flamande c'est-à-dire que l’on conserve le blanc de la toile pour les parties les plus claires, et l’on travaille les grandes masses d’ombres et de lumières. Ici j’ai utilisé de la terre d’ombre naturelle et une pointe de bleu outremer. Pour les chairs sous le voile j’ai préparé trois teintes
Une claire, une moyenne et une foncée e rajoutant du blanc de zinc à la teinte de base.
L’ébauche est un travail très important qui doit être très soigné, car de lui dépend la réussite du tableau. C’est la structure de ce dernier et il facilitera la mise en peinture. A la fin de cette ébauche j’obtiens comme une photo en noir et blanc du tableau.
Avant de passer à la mise en peinture, je marque un peu plus précisément, les lumières les plus fortes, au blanc à ébauche, ou « impasto ».L’utilisation de ce blanc, fait à base de blanc de titane et de jaune d’œuf, permet de donner une lumière maximale aux endroits voulus.
La deuxième étape est celle de la mise en peinture en demi pate.Les couleurs
sont malaxées avec quelques gouttes de médium au copal, moins tirant que le médium « à tout faire » car il contient un volume de moins de siccatif flamand, ce qui permet de travailler plus longtemps.
Je commence par la mise en teinte du ciel en bleu de caeruleum, bleu cobalt, blanc de titane et une pointe d’ocre rouge. Les nuages en blanc de titane, ocre rouge et une pointe de bleu. Les lointains sont d’un gris rosé. Les fleurs sont à base de rose de quinacridone, blanc et une pointe de jaune. Les feuillages sont peints avec un mélange de bleu de cobalt, d’ocre jaune, d’ocre rouge et de terre d’ombre naturelle.
Je passe ensuite à l’architecture en terre d’ombre naturelle, blanc de titane et une pointe de bleu outremer.
Vient ensuite le travail des teintes de chair à base d’un mélange de blanc de zinc et de titane (moins lourd que le blanc de titane utilisé seul et moins cassant dans le temps que le blanc de zinc seul),d’ocre jaune, d’ocre rouge et d’une pointe de bleu de cobalt.
Pour les drapés, l’orangé est à base de jaune de cadmium orangé, de jaune
indien, pointe de bleu de caeruleum. Le rouge à base de rouge de Venise, de blanc mélangé et de bleu de caeruleum.Le plus foncé est un mélange de rouge de Venise, blanc mélangé et bleu de Prusse.
Et pour finir, le plus clair est un mélange de Terre de Sienne naturelle, de jaune de cadmium orangé et d’une pointe de bleu de caeruleum cassé d’une pointe de blanc mélangé.
Ce travail de mise en peinture terminé, je vais passer à celui des premiers glacis, le glacis étant une couche de peinture transparente ou semi transparente, passée sur la première couche sèche. Ces glacis permettent de monter les tons et ainsi de donner plus de lumière et de profondeur. Je travaille avec le même medium que pour la mise en peinture mais en rajoutant une pointe de couteau d’huile de lin cuite, pour respecter le principe du « gras sur maigre ».Le diluant est différent : térébenthine de Venise, huile de noix, huile de lin cuite essence de térébenthine et essence d’aspic, cette dernière donne du mordant au glacis.
Avant de passer ces glacis, je procède à un enshuilage fait d’essence de térébenthine, de térébenthine de Venise et de couperose. Celui ci se passe à la main en massant bien avec la paume, il permet de remonter les tons, de faire disparaître les embus et de travailler dans le frais. J’ai oublié de vous préciser que j’avais passé ce même enshuilage après l’ébauche.
Le premier glacis des chairs est fait de la couleur de base forcé en bleu + terre d’ombre naturelle et d’ocre rouge. Celui du drapé rouge en laque de garance. Pour ceux du drapé orange on ajoute du bleu de caeruleum et de la terre d’ombre naturelle à la base de départ pour monter les tons d’ombres.
Pour l’étoffe terre de Sienne je renforce les ombres avec du bleu de caeruleum.
Sur l’architecture j’ai glacé avec de la terre d’ombre naturelle pour réchauffer l’ensemble.
Sur le visage glaçage à l’ocre rouge + du bleu de cobalt, sur les joues ainsi que sur les lèvres le glacis est a base d’ocre rouge et de vermillon.
La dernière étape consiste à passer un dernier glacis, après enshuilage. Celui ci sera plus gras que le précédent, pour cela on ajoute un peu plus de médium dans la pate et une pointe d’huile de lin cuite au soleil. Sur le visage j’ai passé un peu de la teinte de la tunique pour marquer les reflets de celle-ci. Dans le drapé de la robe j’ai encore remonté et réchauffé les ombres avec de la laque de garance ajoutée à la teinte de base des ombrés
Pour terminer ce tableau, j’ai passé quelques vélatures, (un glacis comportant une petite charge de blanc de zinc) sur certaines feuilles, ainsi que sur l’ile à l’horizon, pour faire un « sfumato », cette teinte brumeuse que l’on remarque dans le lointain des paysages due à la vapeur d’eau atmosphérique située entre le spectateur et ce lointain.
Il restera une dernière étape, mais celle-ci ne se fera pas avant un an car les couches de peintures doivent être sèches à cœur, il s’agit du vernissage.
En attendant cela n’empêche pas l’heureuse propriétaire de profiter de son tableau.
Cette copie de maitre, qui est la seconde du même peintre,m'à demandé de longues heures de travail mais un travail passionnant et très formateur.
